La Scena Musicale

Sunday, April 27, 2008

Today's Birthdays in Music: April 27 (Prokofiev, Oistrakh)

1891 - Sergei Prokofiev, Sontsovka, Ukraine; composer (several sources give d.o.b. as April 23)

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Prokofiev Page

Prokofiev - Romeo & Juliet (Ballet de l'Opéra National de Paris)


Prokofiev's 7th piano sonata, 1st mvt. (Glenn Gould, 1961)



1931 - Igor Oistrakh, Odessa, Ukraine; violinist

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Interview (2003)

Igor and David Oistrakh play Prokofiev's Sonata for Two Violins, 2nd mvt.

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Tuesday, April 22, 2008

Today's Birthdays in Music: April 22 (Ferrier, Menuhin)

1912 - Kathleen Ferrier, Higher Walton, England; contralto

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Bio/pictures

Kathleen Ferrier sings "Come to me, soothing sleep" from Handel's Ottone



1916 - Yehudi Menuhin, New York City, USA; violinist, conductor

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Short bio
Yehudi Menuhin (La Scena Musicale, April 2000)

Yehudi Menuhin and Glenn Gould play Bach's Violin Sonata No. 4 in C minor (BWV 1017), Adagio

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Monday, April 21, 2008

Linus Roth : naissance d’un (très) Grand…

Lorsqu’Anne-Sophie Mutter écrit de ce jeune violoniste allemand, qu’il est un « artiste dont la sensibilité musicale et la virtuosité ne font pas de doute » et dont « l’éventail stylistique, le caractère et le charisme se sont largement développés et l’ont toujours convaincue », elle ne fait que confirmer une impression largement positive issue des scènes de concert et d’un enregistrement remarquable parue chez EMI…

Né en 1977 à Ravensburg, Linus Roth découvrit le violon à l’âge de six ans. Dès ses 12 ans, il fut admis à la classe préparatoire du Professeur Nicolas Chumachenco au Conservatoire de Fribourg en Brisgau. Dès 1993, il étudia au Conservatoire de Lübeck auprès du célèbre Professeur Zakhar Bron jusqu’à l’obtention de son diplôme artistique en 1999. En 2000, il rejoignit le Conservatoire de Musique et de Théâtre de Zurich et le Professeur Ana Chumachenco et obtint son diplôme de soliste. Depuis, Ana Chumachenco suit toujours son développement artistique. De 1998 jusqu’à la fin de ses études, Linus Roth fut boursier de la fondation «Freundeskreis Anne-Sophie Mutter» et profita également des conseils de Josef Rissin, Yuri Bashmet, Herman Krebbers, et Salvatore Accardo à l’Academia Chigiana de Sienne.

Premier prix au Concours international de Violon de Novosibirsk (1995), Prix des boursiers du Music Forum – Young Classic World d’Allemagne (1999), Premier Prix du Concours de Berlin (2003), Linus Roth joue le violon « Dancla » sorti de l’atelier d’Antonio Stradivarius en 1703, qui lui est gracieusement prêté par la Fondation pour la Musique de la Landesbank Baden- Württemberg.


Audrey Roncigli : Linus, comment décririez-vous la source de votre inspiration ?
Linus Roth :
Je peux être inspiré par des choses très différentes : une relation avec un être aimé, ou un concert d’un collègue artiste. Une œuvre picturale peut aussi fournir une intense inspiration : on pourrait par exemple dire que l’on trouve les couleurs, la lumière et le style d’un tableau de Monet dans la musique de Debussy. Mais je peux aussi être inspiré par un lever de soleil vu d’avion… Je dirais en fait que chaque chose que je vis devient une partie de ce que j’exprime dans la musique.

Audrey Roncigli : Vous avez travaillé avec Anne-Sophie Mutter. Comment et dans quel sens vous a-t-elle influencé ?
Linus Roth :
Durant mes études à sa Fondation en tant qu’élève boursier, j’ai eu la chance de jouer très régulièrement pour elle. Elle voulait observer comment je me développais artistiquement. Vous pouvez imaginer que je prenais chacune de nos rencontres très au sérieux, car c’est une immense artiste et je l’admire énormément. Elle ne parlait pas vraiment beaucoup, mais ce qu’elle disait était toujours très important, profond, et ses conseils musicaux me guident toujours.

Audrey Roncigli : Vous avez un vaste répertoire, s’étendant de Bach à Hartmann en passant par Piazzola. Comment un jeune artiste comme vous choisit et construit son répertoire ? Pourquoi jouer des pièces rares comme le Concerto funèbre d’Hartmann ?
Linus Roth :
il faut des années pour se constituer un vaste répertoire. On peut apprendre la partition en quelques jours, mais plus vous pratiquez la pièce, plus vous la jouez depuis longtemps, et plus vous vous en sentez proche. Quelquefois, j’apprends un concerto simplement parce que l’orchestre ou le chef le demande, comme ce fut le cas pour Hartmann. Et quelquefois, il apparaît que je veuille jouer une pièce particulière. Par exemple, je viens, enfin, de trouver quelques chefs d’orchestre acceptant de diriger le Concerto de Schumann, une pièce que j’avais envie de jouer depuis longtemps. Mon répertoire se développe constamment : en parallèle du Concerto de Schumann, je vais bientôt jouer le Concerto de Barber, puis celui de Britten. J’aimerais aussi ajouter des pièces de musique contemporaine, comme Dutilleux, Gubaidulina… Je pense que je ne m’ennuierai pas !

Audrey Roncigli : Vos débuts discographiques avec Jose Gallardo chez EMI ont remporté le Prix ECHO. Comment ce rêve fabuleux d’enregistrer chez EMI s’est-il réalisé ?
Linus Roth :
J’avais envoyé un enregistrement de concert à EMI, car je savais qu’ils avaient une collection dédiée aux « Jeunes Artistes ». Après quelques mois, j’ai reçu un email de leurs bureaux de Londres ; le producteur est venu me voir en concert, et il m’a invité à enregistrer ce disque. Le prochain disque sortira en juin, avec les Sonates pour Violon de Schumann, ainsi que des Lieder arrangés pour violon et piano par Jose Gallardo.

Audrey Roncigli : Qu’est-ce qui rend une pièce difficile pour vous ? Avez-vous des pièces favorites ?
Linus Roth :
Je ne peux pas dire avoir une pièce préférée, car c’est souvent celle que je suis en train de travailler pour le prochain concert. De plus, chaque pièce est difficile en elle-même, avec ses propres difficultés. Mais la difficulté s’amenuise au fur et à mesure que je travaille !

Audrey Roncigli : Comment travaillez-vous une nouvelle pièce ? Directement dans la partition, par des enregistrements, des lectures ?
Linus Roth
: Quand je travaille l’aspect technique, j’étudie intensément et profondément la partition. Il est important de la connaître entièrement très rapidement. Connaître le compositeur aide toujours, et si de grands enregistrements existent, j’aime aussi être inspiré par le passé. Enfin, j’aime aussi connaître les autres pièces du compositeur, que ce soit les symphonies, ou la musique de chambre.

Audrey Roncigli : Quelques mots sur l’extraordinaire Stradivarius Dancla que vous jouez…
Linus Roth :
J’ai une relation très particulière avec ce violon, car c’est exactement le violon que j’attendais. Je suis très reconnaissant à la Banque d’Etat de Bade-Wurtemberg qui m’a permis de choisir le violon qui me correspondait le plus : elle l’a acheté et me le prête. Je l’ai cherché pendant plus d’un an ! J’ai su que le Dancla serait le violon idéal dès que je l’ai accordé ! C’était en quelque sorte un « coup de foudre »… La couleur, la variété de sons me semblent infinies… Je trouve quelque chose de nouveau chaque jour dans ce violon…
Charles Dancla a possédé pendant trente ans ce violon : c’était un célèbre professeur de violon à Paris. Puis Nathan Milstein l’a aussi beaucoup joué.

Audrey Roncigli : Quels sont vos rêves musicaux et vos ambitions ?
Linus Roth : Être sur scène, jouer, est ce qui me rend le plus heureux… Aussi longtemps que je peux exercer cette activité, je réaliserai mon rêve. J’essaie bien entendu de m’améliorer chaque jour, mais… entre nous, la quête pour le (plus) beau son est quasi infinie…

Audrey Roncigli : Quels sont les musiciens que vous admirez le plus actuellement ?
Linus Roth :
J’admire beaucoup de collègues pour leur musicalité, il y en a trop pour les citer. Ce que j’apprécie particulièrement chez un musicien, c’est lorsqu’il ou elle réussit à réunir des personnes autour de la musique, des personnes quelquefois séparées par le passé. Je pense à Yehudi Menuhin, qui fut le premier artiste juif à jouer en Allemagne après la guerre. Ou à Daniel Barenboim, qui grâce au West Eastern Divan Orchestra, réunit des musiciens palestiniens et israéliens. Je pense sincèrement que la musique a beaucoup plus de pouvoir et de puissance que ce que l’on pense, et qu’elle peut aider à changer le monde… positivement, à l’améliorer !

Audrey Roncigli : Quelles sont vos passions à part le violon ?
Linus Roth :
J’aime le sport. Le jogging, la natation, la musculation – mais je ne peux pas utiliser des poids, pour ne pas blesser mes bras et mes mains… De plus, j’aime cuisiner. Partout où je vais, j’essaie de trouver un livre de cuisine avec des recettes typiques ! Je rêve depuis toujours de faire de la voile… Peut-être l’été prochain ? Et enfin, j’aimerais vraiment pouvoir piloter un avion un jour !!!

Visitez le site web de Linus Roth
Crédit photographique : © wildundleise.de
Audrey Roncigli

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Tuesday, April 15, 2008

Today's Birthdays in Music: April 15 (Marriner, St. John)

1924 - Neville Marriner, Lincoln, England; conductor

Short bio/pictures
Beyond the Academy (La Scena Musicale, June 2000)
Master Marriner (La Scena Musicale, May 2005)

Neville Marriner conducts The Academy of St. Martin's in the Fields in the overture to Mozart's The Marriage of Figaro (Carnegie Hall, 1994)




1971 - Lara St. John, London, Canada; violinist

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Lara St. John website
Lara St. John's Passion (La Scena Musicale, April 2000)
Lara St. John sur l'intonation (La Scena Musicale, April 2000)

Lara St. John plays the 1st movement of Beethoven´s Violin Sonata in c minor

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Sunday, March 23, 2008

Today's Birthday in Music: March 23 (Minkus)

1826 - Léon Minkus, Vienna, Austria; violinist, composer (ballet music)

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Short bio

Excerpt from La Bayadère (Opéra de Paris)


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Saturday, March 22, 2008

Today's Birthdays in Music: March 22 (Rosa, Mödl)

1842 - Carl Rosa, Hamburg, Germany; conductor, violinist, impresario (Carl Rosa Opera Co.)

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Carl Rosa Opera Co.



1912 - Martha Mödl, Nuremberg, Germany; opera soprano and mezzo-soprano

Wiki entry
N.Y. Times obit 2001
In Memoriam

Martha Mödl as The Countess from Tchaikovsky's Queen of Spades (1981)


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Monday, March 10, 2008

Concertos de Glazounov et Tchaïkovski

Vadim Gluzman, violon; Bergen Philharmonic Orchestra/Andrew Litton
BIS 1432SA
SACD 70 min 58 s

Vadim Gluzman : « l’Art du violon », tout simplement

À l’heure où d’autres jeunes violonistes cherchent tous à se différencier par une sonorité étourdissante, des libertés d’interprétation déroutantes ou une technique désinspirée, Vadim Gluzman apparaît comme une pure et simple merveille… Pure et simple au sens où il n’use que d’une seule chose : l’art du violon, au sens le plus noble et le plus traditionnel du terme. Car Vadim Gluzman est le digne représentant de cette grande école russe juive du violon, celle d’Heifetz, Milstein, Oïstrakh ou Kogan. Écouter Vadim dans cet album Glazounov / Tchaïkovski vous ramène un peu au temps et aux manières « d’Odessa »… Le violoniste israélien a en effet cette chaleur, cette intensité, ce son puissant, noble et racé, tout en possédant une technique complète, variée et quasi inégalée de nos jours. Vadim Gluzman est un musicien brillant et des plus inspirés, de par l’équilibre qu’il trouve entre des interprétations fortes, opinées, personnelles, et une maîtrise technique imparable.

Dans cet album où il a eu l’excellente idée de réunir ces deux grands compositeurs russes, au travers de trois œuvres très différentes, Vadim en fait toute la démonstration : le Concerto de Tchaïkovski, pièce techniquement redoutable que seuls quelques « pirates » s’osent à enregistrer, sonne sous ses doigts avec une simplicité quasi déconcertante, ce qui lui permet d’en proposer une interprétation sensible, intense et brillante. Hasard de l’histoire et du destin, Vadim Gluzman joue le Stradivarius Auer, du nom du grand violoniste auquel Tchaïkovski avait dédié cette pièce; un violon dont la sonorité impressionne, de l’introduction de l’Allegro aux dernières notes envolées du Finale, en passant par des Cadenzas diaboliques de virtuosité. Sans perdre une seconde la dynamique de jeu, la puissance de son et la sensibilité qui le caractérise, Gluzman grave ici une des versions les plus impressionnantes, les plus enjouées, et les plus réfléchies, du Concerto de Tchaïkovski.

Un bonheur n’arrivant jamais seul, Vadim Gluzman et Andrew Litton ont eu la bonne idée de coupler ce Concerto avec celui de Glazounov, rarement joué sur scène et encore moins enregistré. « Cheval de bataille » de Leonid Kogan, cette œuvre est magnifiquement interprétée par le violoniste israélien, qui profite d’un accompagnement formidable, tout en nuances, en clarté et en profondeur sonore, du Bergen Philharmonic Orchestra. Concerto de contrastes, où coexistent de grands développements mélodiques et des passages virtuoses fébriles, l’œuvre de Glazounov trouve en Vadim Gluzman un interprète parfait…

N’oublions pas le Souvenir d’un lieu cher de Tchaïkovski et arrangé pour violon et orchestre par Glazounov, pièce courte mais empreinte d’une vaste palette d’émotions, où Vadim Gluzman nous transporte de la somptueuse et raffinée Méditation à une Mélodie non dénuée de nostalgie et de… souvenirs.

Un très grand bravo à Vadim Gluzman pour ces magnifiques interprétations : cet enregistrement, à n’en pas douter, restera dans les annales…

-Audrey Roncigli

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Sonates pour violon de Mendelssohn, Brahms, Debussy, Ysaÿe

Linus Roth, violon; José Gallardo, piano
EMI Classics 5870112
64 min 12 s

Chapeau bas, monsieur Roth !

« Wow… Wow… Wow… » : voilà les seuls mots que vous prononcez après avoir écouté le premier enregistrement de Linus Roth pour EMI, car cet album de sonates pour violon vous laisse, au sens propre du terme, « sans voix », tant par le professionnalisme, l’engagement et l’engouement que par l’immense talent des deux jeunes interprètes.

Linus Roth, jeune violoniste allemand né en 1977, élève de Salvatore Accardo, puis d’Anne Sophie Mutter jusqu’en 2003, est un soliste accompli sur les scènes européennes, salué par tous les critiques, dans un répertoire allant de Mozart à Berg en passant par Brahms ou Beethoven. Le retrouver ici, avec son Stradivarius Dancla de 1703, dans un programme de musique de chambre du XIXe siècle, excite la curiosité; et à aucun moment, il ne déçoit. Tout au contraire !

Accompagné tout en nuances par le formidable pianiste argentin José Gallardo, Linus Roth propose la sublime Sonate en fa de Mendelssohn, où dès l’entrée en matière, il expose un son brillant et intense, une articulation précise, claire, et un phrasé tout en justesse et en expression. Soulignons un virtuose Assai Vivace relevé où, portée par un rythme endiablé, transparaît la merveilleuse complicité existant entre les deux interprètes.

Dans la Sonate n°2 de Brahms, on retiendra une interprétation nuancée, entre passion et tourment, de Linus Roth, un parfait équilibre de ton et une sonorité exceptionnelle dans les passages plus lents de l’œuvre, laissant s’épanouir un vibrato large et généreux des plus séduisants.

Un pur ravissement ensuite avec la – rarement enregistrée – Sonate de Debussy : on sent alors réellement s’exprimer toute la maturité, l’intelligence musicale et la sensibilité du violoniste allemand, dans cette pièce à mi-chemin de la modernité, tant dans ses rythmes que ses harmonies. Spiccati, legati, harmoniques, arpèges, gammes et envolées lyriques virtuoses, Linus Roth ne faiblit pas un instant et, faisant fi de l’aspect technique de la pièce, en donne une lecture impressionnante de clarté, de justesse de ton et de sentiments. De l’Allegro joyeusement nostalgique et jazzy au Finale quasi cynique, il maîtrise parfaitement la ligne mélodique et rythmique, mais jamais au détriment de l’interprétation fine et inspirée.

Cet album finit par un petit chef-d’œuvre d’interprétation, et je pèse mes mots : une Ballade d’Ysaÿe, comme on l’a rarement entendue. Énergie, fougue, nuances, sonorité et intensité, ajoutez-y un brin de folie, un archet virevoltant et interminable, des arpèges prodigieux de justesse et de rapidité… Linus Roth explose et exulte dans cette pièce du compositeur belge !

Jeunesse, talent, sensibilité, enthousiasme : un album à découvrir de toute urgence et sans aucune réserve, et un violoniste (plus que) prometteur à suivre absolument…

-Audrey Roncigli

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Friday, February 1, 2008

Today's Musician Birthday: February 2 (Kreisler)

1875 - Fritz Kreisler, Vienna, Austria; violinist

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Bakers' Bio

Fritz Kreisler plays the Méditation from Massenet's "Thaïs", February 2, 1928


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Monday, January 28, 2008

Philippe Quint : un « grand » du violon...

par Audrey Roncigli

Le violoniste Philippe Quint, comme son nom ne l'indique pas, est né en Russie, et ses origines sont en Italie, dans la dynastie aristocratique des Quinti. Il est le descendant d'un officier de Napoléon, blessé en 1812, et qui émigra en Russie après avoir épousé une infirmière juive ! S'il porte un prénom français, c'est parce qu'il est le fils de Lora Kvint, chanteuse très populaire dans son pays, et qui était fascinée à l'heure de la naissance de Philippe par les familles royales françaises...Aujourd'hui citoyen américain et vivant à New-York, Philippe nourrit son jeu de ces histoires, de ces migrations et des diverses cultures dont il s'est imprégné.

Philippe débute très jeune ses études musicales et rejoint l'Ecole Spéciale pour les Enfants prodiges de Moscou, où il a pour professeur Korsakov. À neuf ans, il donne son premier concert en soliste avec le Concerto N°2 de Wieniawski. À treize ans, il décide de s'engager dans la voie d'une carrière professionnelle, qui l'entraînera à la Juilliard School, dont il sortira en 1997 avec un baccalauréat et une maîtrise. Durant ces années d'études new-yorkaises, il suit l'enseignement de Dorothy DeLay, Felix Galimir, Isaac Stern, Itzhak Perlman, mais se définit une personnalité, un style propre : Philippe reconnaît ainsi que « le style et le jeu d'un violoniste sont d'abord définis par l'individualité, plus que par une quelconque allégeance particulière à une école ou à une autre ».

Poussé par le défi d'une musique qu'il ne connaissait pas, celle de son pays d'adoption, Philippe Quint découvre avec bonheur les oeuvres de Bernstein, Corigliano, Foss, Schuman, Copland. Un bonheur n'arrivant jamais seul, il décroche un contrat chez Naxos et commence à enregistrer : les Concertos pour violon de Schuman, Ned Rorem, la Sérénade de Bernstein qu'il affectionne tout particulièrement, les oeuvres pour violon et piano de Miklos Rozsa. Très prochainement sortira un enregistrement live du Concerto pour violon d'Erich Wolfgang Korngold et Philippe travaille à deux nouveaux albums : Corigliano/Thompson et Kreisler/Paganini.

Se forgeant une réputation de soliste charismatique, avec une technique hors pair et une justesse de ton et d'expression inégalée, Philippe parcourt le monde avec son Stradivarius de 1723, l'ex-Kiesewetter, qui lui est prêté par M. et Mme Arrisson de Buffalo. La liste des orchestres avec lesquels il a déjà joué est impressionnante : les orchestres de Détroit, Indianapolis, Minnesota, Bournemouth, Houston, Buffalo, Nashville ainsi que de la Virginie, de la Louisiane et de l'Oklahoma; le Royal Liverpool Philharmonic; l'Orchestre national de Chine; l'Orpheus Chamber Orchestra; l'Orchestre Symphonique de Bayonne Côte Basque; les orchestres de Pretoria, Cape Town et Johannesburg; les orchestres du Queensland et de Melbourne...sous la baguette de chefs tels que Marin Alsop, José Serebrier, Andrew Litton, Klauspeter Seibel, Kurt Masur, Hans Graf, Arild Remmereit, Maxim Shostakovich, JoAnn Falletta, Jorge Mester, Carlos Miguel Prieto et Kenneth Schermerhorn. Son répertoire s'étale de Vivaldi, Bach et Mozart à Bernstein, Chostakovitch et Piazzola, en passant par Beethoven, Brahms et Paganini. Son amie Lera Auerbach lui a dédié son Concerto n°1, qu'il a créé au Walt Disney Concert Hall de Los Angeles, et qu'il définit lui-même comme son « propre portrait musical ».

Les critiques louent son incomparable musicalité, son charisme hors norme, ses interprétations passionnées et techniquement parfaites. Que ce soit dans ses enregistrements ou sur scène, Philippe Quint fait de chaque pièce un moment de partage musical, vivant avec son public d'intenses moments d'émotion, dans la joie ou la tristesse, dans la douleur ou la frénésie...Nominé aux Grammy Awards, vainqueur de dizaines de compétitions dont le Concours Pablo de Sarasate en 1997, Philippe, que beaucoup de critiques appellent le « Paganini des temps modernes », est un violoniste qui captive ses auditoires à coup sûr.

Philippe est enfin un artiste très polyvalent, puisqu'il est aussi passionné de cinéma et acteur lui-même. Sportif et grand amateur d'échecs, Philippe avoue ne pas avoir assez de temps pour faire « tout ce dont il rêve ». Il n'en reste pas moins un violoniste simple et chaleureux, généreux et passionné. Ce qui fait la définition des « grands » artistes...

Audrey Roncigli : Dans quelle mesure pensez-vous que les éléments de votre vie personnelle ont influencé votre jeu et vos interprétations ?

Philippe Quint : Ayant grandi dans l'ex-Union Soviétique, je n'avais que très peu accès aux enregistrements considérés comme « tabou » dans le pays, comme ceux d'Heifetz, Milstein, Horowitz ou Rachmaninov, etc... Je parle bien entendu de tous ces artistes qui ont à un moment ou un autre quitté la Russie pour poursuivre leurs carrières et leurs vies ailleurs. Je me souviens très bien d'un jour où mon oncle rapporta « clandestinement » un enregistrement de Jascha Heifetz interprétant la Première Danse hongroise de Brahms; toute la famille se réunit pour écouter la performance exceptionnelle d'Heifetz. Pour beaucoup d'enfants en Russie, Heifetz fut certainement une sorte d'icône et une grande source d'inspiration. Cependant, après mon arrivée aux États-Unis en 1991, je fus rapidement « exposé » à une immense variété d'enregistrements, d'artistes, de musiciens, dans des perspectives très variées. Je dois bien avouer qu'au départ, cela m'a un peu dépassé et dans un sens, cela semait la confusion en moi. Mon monde s'écroulait à mesure et aussi soudainement que je réalisais qu'il y avait tant de possibilités d'approcher les compositions musicales. Je crois avoir acheté tous les enregistrements et vidéos disponibles de nombre de violonistes et les avoir écoutés et regardés des centaines de fois. Mon arrivée à New York a coïncidé avec mon entrée à la Juilliard School dans la classe de la légendaire Dorothy DeLay. Son approche était très différente de celle de mes anciens professeurs en Russie. Au lieu de crier et de jeter toutes sortes d'objets au-dessus de ma tête, elle disait tout simplement : « Mon petit chou, quelle est ta vision du fa dièse ? » Le résultat était tout aussi efficace que des cris ou des hurlements. Je me sentais vraiment mal à l'aise du fait qu'elle pense que mon fa dièse était faux et je travaillais encore plus dur pour être capable d'impressionner Mme DeLay à mon prochain cours. Elle était très certainement unique et je garde beaucoup d'excellents souvenirs d'elle. J'ai toujours un grand respect et une grande admiration pour elle.

Une autre rencontre très intéressante pour moi fut celle avec Isaac Stern, vers 1998 ou 1999. Il m'a dit quelque chose que je n'ai pas compris sur le coup, mais qui depuis a complètement changé ma vision de l'interprétation : « Philippe, tu dois comprendre qu'il y a une signification derrière chaque note. » Je ne comprenais pas comment cela était possible, mais après de nombreuses années passées à étudier et à jouer les oeuvres, je commence à comprendre ce que M. Stern essayait de me dire. Je suis tellement honoré de l'avoir rencontré et d'avoir joué pour lui.

Je vous ai cité ici seulement deux influences dans ma vie. J'aurais pu en citer des centaines, et si j'avais commencé, nous aurions dû écrire un livre, un article n'aurait pas suffi !

Audrey Roncigli : Vous avez consacré une large part de votre répertoire à la musique américaine. Pourquoi cette passion particulière pour des compositeurs comme Foss, Rorem, Corigliano ?

Philippe Quint : Ayant grandi en URSS, je connaissais les grands « standards » du répertoire, Bach, Mozart, Beethoven, Brahms, Franck, Tchaïkovski et les autres. Rappelez-vous que nous étions en période de « guerre froide » et le mot « Américain » ne devait pas être prononcé à voix haute. Il me semble que le seul compositeur américain connu à cette époque en Russie était Gershwin et son Porgy and Bess. Ma première « rencontre réelle » avec la musique américaine a eu lieu lorsque je suis arrivé aux États-Unis et que j'ai entendu West Side Story. Les années qui ont suivi, j'ai appris de nombreuses pièces de musique américaine, de Copland à Cage, de Cowell à la jeune génération comme Corigliano, Ned Rorem ou William Bolcom.

Je me suis beaucoup intéressé à la musique américaine car les harmonies et les structures rythmiques m'intriguaient beaucoup et c'était une chose totalement nouvelle pour moi.

Ma première oeuvre fut la Sonate pour violon de John Corigliano, une oeuvre fascinante que je viens d'enregistrer. J'ai eu ensuite le privilège de travailler avec Lukas Foss et nous avons enregistré ses pièces pour violon et piano. Puis ont suivi des projets pour Naxos, dans la collection American Classics, dont le Concerto pour violon de William Schuman (une oeuvre merveilleuse et très sous-estimée), la Sérénade de Bernstein et le Concerto de Ned Rorem. Rorem et Schuman sous la baguette du chef d'orchestre José Serebrier.

On me demande souvent pourquoi je joue autant de musique contemporaine et de musique américaine. Je réponds : « Pourquoi pas ? » Bien entendu, les gens aiment entendre Mozart et Mendelssohn, mais on ne peut pas vivre en dehors de son siècle et ne jouer que les compositeurs du passé. Il y a tant de merveilleux compositeurs aujourd'hui et je me réjouis de découvrir de nouvelles pièces de nos contemporains.

Audrey Roncigli : On vous compare très souvent à Paganini. Que cela vous inspire-t-il et comment réagissez-vous ?

Philippe Quint : (Rires) Je mets au défi quiconque de me dire comment il jouait ! C'est plutôt une comparaison amusante. Je ne sais pas trop d'où elle provient. Peut-être de mon apparence physique : je suis grand, avec de longs bras et des cheveux noirs...Les gens aiment comparer les violonistes du présent avec ceux du passé, en donnant une sorte de qualification, telle que « le prochain Menuhin », ou « le prochain Oïstrakh ». Ces comparaisons sont flatteuses, bien entendu, mais il est important de comprendre qu'on ne demande pas de trouver le prochain X ou Y. Il me semble qu'il est plus important de découvrir de nouveaux talents plutôt que d'avoir sur scène de pâles imitations d'un musicien du passé. Une de mes récentes influences est Gidon Kremer, qui est un vrai intellectuel et un musicien fantastique, tout en étant anticonformiste dans ses interprétations, toujours capable de trouver des nouveautés, des innovations dans des oeuvres que l'on entend depuis des dizaines et des dizaines d'années.

Je lui porte un grand respect et une grande admiration. Ce n'est pas quelqu'un qui essaie d'être différent pour être différent, mais il poursuit ses choix musicaux intensément et ne s'en écarte jamais.

Pour en revenir à Paganini...J'envisage de l'étudier très en détail et en fait, l'un de mes prochains enregistrements sera consacré à ses oeuvres pour violon et piano arrangées par Fritz Kreisler. La musique de Paganini a été très souvent critiquée, pour sa « substance ». J'ai une opinion tout à fait différente : je pense qu'on doit considérer ses oeuvres comme une sorte de petite opérette italienne, le violon tenant la partie principale. Le violon « bel canto » en quelque sorte !

Audrey Roncigli : Quelles ont été, ces derniers mois, les pièces qui vous ont été les plus difficiles à interpréter, et celles qui vous ont le plus enthousiasmé ?

Philippe Quint : Je pense que les oeuvres les plus difficiles sont celles qui vous demandent beaucoup sur le plan émotionnel. L'une de ces pièces est bien entendu le Concerto n°1 de Chostakovitch. Après une Passacaglia très intense en émotions, vous passez tout de suite à une Cadenza diaboliquement difficile...Il n'est pas étonnant que David Oïstrakh ait demandé à Chostakovitch de placer un petit tutti d'orchestre avant le début du quatrième mouvement, afin que le violoniste puisse respirer un peu avant de replonger dans quelque chose de plus trouble, de plus sombre. Cette pièce est très difficile, car elle ravive en moi des souvenirs de mon enfance en Russie.

Vous savez, la description que Chostakovitch fait de la Russie est exactement la mienne : « Quand je regarde mon passé, tout me semble gris. » C'est très intéressant et cela associe chez moi la Russie à la couleur grise. Son premier mouvement, très subtil et intense, est peut-être une indication de ce « gris » dont il parle.

Je pense que les oeuvres que je considère comme les plus difficiles sont aussi mes préférées : le Concerto et les Sonates de Beethoven, les Concertos de Brahms, Sibelius, de Stravinsky, et quelques autres...J'apprécie ce qu'on appelle la « musique programme », la musique étant basée sur une histoire : la Sérénade de Bernstein me vient immédiatement à l'esprit. Mais même si la musique n'est pas toujours accompagnée d'une histoire, je m'en crée une ! C'est plutôt simple et cela aide l'interprétation.

Audrey Roncigli : Vous êtes un vrai globe-trotter, entre l'Australie, l'Afrique, l'Europe et les États-Unis. Pouvez-vous nous donner un aperçu de votre saison 2008 ?

Philippe Quint : Les six derniers mois ont été très intenses. J'ai réussi à jouer en Australie, en Amérique du Nord, du Sud, en Afrique du Sud et en Europe en moins de six mois ! C'était excitant et fascinant de visiter tous ces merveilleux endroits, mais très fatigant également. J'espère avoir un emploi du temps un peu plus « bénéfique » ces prochaines années. Parmi les grands moments de la saison à venir, mes débuts en Allemagne avec la Staatskapelle de Weimar sous la direction de Carl St Clair. Je ne peux pas ne pas citer la sortie de mon album Korngold sous la baguette de mon ami de longue date Carlos Miguel Prieto. Il y aura aussi le premier enregistrement mondial des Caprices du Violon rouge de Corigliano et sa Sonate, couplés avec des pièces de Virgil Thomson, pour Naxos. Deux CD de musique américaine, encore !

Et aussi...un récital à Montréal en octobre prochain !

Visitez le site web de Philippe Quint

Critique de disque : Miklós Rózsa: Music for Violin and Piano

Crédit photographique : © Pavel Antonov

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Thursday, January 10, 2008

Today's Musician Birthday: January 10

The La Scena Musicale Blog starts a new feature: Today's Musician Birthday

Born on January 10:

1961 - Nadja Salerno-Sonnenberg, violinist
> Official Website

Here is a video clip of her playing the Tchaikovsky Concerto at her Carnegie Hall debut in 1983.




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